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Festival IMZAD Bio & abstract conferenciers

Biographie et abstracts

Dr Boudjemâa HAICHOUR   
Biographie 
Traduisant de nombreux textes inhérents au Melhoun , Aroubi, Mahdjouz, Hawzi, en mélomane averti , il a goûté à tous les genres musicaux du pays. Né à Constantine, il est de ceux qui par une curiosité intellectuelle, porte un regard attentif sur l’évolution des modes de vie et les éléments constitutifs de nos référents identitaires. Titulaire de nombreux diplômes dont un Doctorat d’Etat en Sciences économiques, en Chercheur Universitaire, il est l’auteur d’études approfondies dans le domaine de l’Ethnologie, de la Généalogie et de l’Anthropologie culturelle. Participant à divers Colloques et Symposiums au plan national et international, il a apporté une contribution substantielle dans le débat de dialogue des cultures et des civilisations. Il a aussi signé de très nombreuses études consacrées au patrimoine musical algérien dans toute la diversité des genres. Il dirige actuellement un centre d’études, d’analyse et prospective dont il anime divers think thank avec des universitaires de différentes disciplines.
Titre de la communication : POEMES DE L’ERRANCE ET SPLENDEURS DU DESERT
Résumé de la communication :
Poèmes et chants du désert sont le reflet d’une vie nomade  attachée à une identité millénaire d’une civilisation partagée. L’espace et le temps sont régentés par un code de solidarité dans cet océan de dunes, de regs qui s’étendent à l’infini. Sublime ce désert dans un spectacle d’une nudité abrasive. C’est de cette cité mystique que par la magie des feux  et des ombres du couchant laissant apparaître une aquarelle sertie de lumières que se déclame les plus beaux poèmes dans la brillance et le scintillement du sable fin donnant le mirage à un visiteur non averti.
En organisant  le 3ème Colloque International, l’Association «Sauver l’Imzad » dans le cadre des initiatives programmées nous invite à ce panorama féerique du Hoggar. Nul ne peut échapper à la fascination du paysage où la couleur indigo enveloppe nature et humain. La poésie trouve l’ivresse d’un espace à déclamation depuis la beauté de ses dunes  aux complaintes amoureuses, à la contemplation mystique, les gens du Sud communément appelés sahraouis trouvent leur muse en versifiant les plus beaux poèmes dans une anthologie métaphysique de l’existence, une jouissance de la vie en harmonie avec l’âme. 

Pr. Dominique Casajus 
Biographie 
Ingénieur de formation, Dominique Casajus s’est orienté en 1975 vers l’ethnologie. Il a séjourné plusieurs années dans la région d’Agadez, effectuant des missions ethnographiques auprès des Touaregs Kel Ferwan et Kel Ewey. Ses recherches ont pris aujourd’hui une tournure plus historique : elles portent notamment sur la poésie bédouine et l’histoire du Sahara. Il s’intéresse également à la question homérique et à l’histoire de l’anthropologie. 
Parmi ses principaux ouvrages, on peut citer :   
1985. Peau d’Âne et autres contes Touaregs, Paris, L’Harmattan. 
1987. La tente dans la solitude. La société et les morts chez les Touaregs Kel Ferwan, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme - Cambridge, Cambridge University Press.
1992. Poésies et chants touaregs de l’Ayr, Paris, L’Harmattan (en   collaboration avec Moussa Albaka).
1997.   Édition critique de Chants touaregs de Charles de Foucauld, Paris,   Albin Michel.
2000. Gens de parole. Langage, poésie et politique en pays touareg,   Paris, Éditions La Découverte.
2006.  Édition critique de Journal de voyage dans la province d’Alger de   Henri Duveyrier, Paris, Éditions des Saints Calus.
2007. Henri Duveyrier. Un saint-simonien au désert, Paris, Ibis Press.
2009. Charles de Foucauld. Moine et savant, Paris, CNRS Éditions.
2011L’aède et le troubadour. Essai sur la poésie orale, Paris, CNRS Éditions (à paraître à l’automne).
Titre de la communication : UNE POÉSIE DE LA SOLITUDE
Résumé de la communication :
La poésie touarègue met volontiers en scène un narrateur éploré, gémissant sur les cruautés de la femme aimée. Dans certains cas, ces gémissements prennent une forme directement inspirée de la poésie arabe archaïque, où l’on voit le narrateur se déplorer sur le campement aujourd’hui désert où l’aimée campa autrement.
La question se pose de savoir jusqu’à quel point ce narrateur gémissant est le porte-parole de l’auteur. La réponse que les auditeurs touaregs apportent à cette question est, tout au moins au nord du Niger, ambiguë. Ils n’ignorent pas que ce narrateur indéfiniment éploré est seulement un être fictif, chargé poème après poème de dire des peines dont, en général, peu leur importe que l’auteur les ait réellement éprouvées ou non ; mais ils semblent parfois l’oublier quand des vers les émeuvent particulièrement, comme si, l’espace d’un instant, la beauté de ce qu’ils entendent brouillait leur jugement. Et on les voit alors plaindre l’auteur et compatir à ses misères.
La même question se pose à propos d’autres corpus poétiques qu’il est licite de comparer à la poésie touarègue, tel le corpus troubadouresque ou les odes de la poésie arabe préislamique, et peut-être aussi le flamenco andalou.
C’est au traitement de cette question que l’exposé sera consacré.

Pr. Abdelhafid HAMDI-CHERIF
Biographie
Abdelhafid HAMDI-CHERIF est professeur de philosophie à l'Ecole internationale d'Algérie à Paris et chargé d'enseignement et de recherches à l'Institut Maghreb-Europe à l'université de Paris VIII Vincennes Saint-Denis. Auparavant il a été enseignant-chercheur à l'institut de sociologie de l'université d'Alger puis de Constantine. Il a également été professeur invité à L'Ecole des hautes études en sciences sociales et expert auprès du conseil de l'Europe sur les questions d'identité et d'appartenance culturelles. Ses principaux axes de recherches tournent essentiellement autour des questions de culture et d'identité, et son intérêt pour le chant et la poésie bédouine est autant celui d'un chercheur que d'un amateur, puisqu'il lui est arrivé, à quelques occasions d'animer des concerts de chants ou de présenter des récitals de poésie.
Quelques travaux
« Les aventures de l'identité nationale » Revue Naqd N 2 Fev.Mai 1992
« Identité et Authenticité », Revue Sud-Nord, (éd. ERES), n° 9, 1998
« L'identité Collective, quelques interrogations », Publications de la fondation BOUCEBCI, Alger, 1998
« La modernité au risque de la sociologie », journées Saïd CHIKHI, Université d'Alger, mars 1999
« Communauté et sujet politique : le cas algérien », journée d'études sur « la souveraineté », École Normale Supérieure (ENS), mars1999
« Identité et politique en Algérie », Institut de recherches sur le Maghreb  contemporain (IRMC), Tunis, mai 2000
"Présentation du numéro 13 de la revue NAQD : « Science(s), Savoir(s) et Société »,Alger, décembre 2000
« De quelques blocage dans l'accès au savoir : L'identité comme obstacle épistémologique », Revue NAQD, décembre 2000
« Le Aiyaie, un chant de l'ouvert : Plaidoyer pour le Bédouin. Horizons Maghrébins, N 47/2002.
« Abdelhamid Chebbih, ou les promesses d'une aube renouvelée » Naqd numéro 17 / 2002.
« L'identité, une question démocratique. » Les cahiers de LIBERTE, N.1 : L'Algérie   des années 2000. Regards de spécialistes. Alger Févr. 2009.
« Les identités à l'épreuve de la mondialisation », Alger, juin 2009
« L'étranger: Nationalité et citoyenneté à l'épreuve de l'immigration. » .revue Naqd décembre 2009.
« Poésie et chants Bédouins » Conférence présenté à L'INALCO, Fevrier 2011
Titre de la communication : Le « AIYAI » : un chant de l’ouvert.  Plaidoyer pour le bédouin
Résumé de la communication
Très peu de travaux  ont été consacrés au chant bédouin du sud-centre et sud-centre-est algérien, appelé communément chant saharien, ou plus spécifiquement  « aiyai », ainsi dénommé par la formule interjective et répétitive par laquelle sont scandées toutes les chansons du genre et qui exprime la mélancolie propre, musicalement et poétiquement, à la chanson bédouine. Cette contribution n’a pas d’autre ambition que d’être une introduction succincte, bien que générale, à un genre musical injustement négligé et considéré trop souvent comme mineur malgré toute sa richesse et la qualité de ses talentueux interprètes.  Genre musical à part entière, ou plutôt poético-musical car il est fondé  autant sur le texte poétique que sur la musique, le genre aiyai renvoie, dans cette indistinction même, au mode de vie nomade qu’il exprime, continuellement en voyage entre steppe et oasis. Sa musique se déploie, un peu à l’instar des contrées qu’elle chante, sans rythme (ou très rarement) ni brisure et chante une manière d’exil et de nostalgie des espaces sahariens glorifiés par rapport au nord, le tell. . et renvoie également au mode de vie qui s’écoule, continu, rythmé seulement par les cadences naturelles. Par son amplitude et son déploiement sans cesse recommencés, par sa sobriété et son dépouillement, ce genre exprime l’étendue des espaces dont il est issu. Avec une musique épurée à l’extrême le aiyai est, à l’image de ses terres, un chant de « l’ouvert ». Proche de la vie quotidienne, la poésie melhoun du aiyai tire de son environnement et des conditions d’existence des populations nomades toute l’inspiration qui l’irrigue  Alors qu’aujourd’hui le champ musical, de plus en plus soumis au marché, s’éloigne progressivement des logiques festives et ludiques, et que le tarab constituant essentiel de la culture musicale arabe se perd petit à petit, la tradition du chant bédouin subsiste malgré tout,  et se perpétue et continue à se pratiquer en gardant l’essentiel de ce qui fait sa spécificité, sa richesse et sa valeur.  

Dr. Mourad Yelles   
Biographie   
Mourad Yelles est actuellement maître de conférences HDR en littératures maghrébines à l’INALCO. Auparavant il a enseigné au Département de Français de l’Université d’Alger, et au Département de littérature française et comparée des universités Paris VIII et Paris III. Spécialiste des littératures maghrébines (en arabe maghrébin et d’expression française), il s’est également intéressé aux productions littéraires francophones d’Amérique et des Antilles. Ses travaux portent depuis plus de vingt ans sur les phénomènes de métissage des formes, des pratiques et des imaginaires à travers l'étude comparée de ces littératures (orales et écrites).  
  Parmi ses publications on peut citer:
- Le Hawfi. Poésie féminine et tradition orale au Maghreb (Alger, OPU, 1990)
- Les Miroirs de Janus. Littératures orales et écritures postcoloniales (Alger, OPU, 2002)
- (ss la dir.) Habib Tengour ou l’ancre et la vague. Traverses et détours du texte maghrébin (Paris, Karthala, 2003)
- Les Fantômes de l’identité. Histoire culturelle et mémoires algériennes (Alger, éditions ANEP, 2004)
- Cultures et métissages en Algérie. La racine et la trace (Paris, L’Harmattan, 2005)
- Habib Tengour. L'arc et la lyre (Alger, Casbah éditions, 2006)
Par ailleurs, parallèlement à ses activités de recherche, il poursuit un projet d’écriture qui a déjà donné lieu à quelques publications dans des revues (Algérie Littérature/Actions, Phréatique, Le Jardin d’essai, Estuaires, Poésie) ou dans des recueils collectifs (Pour Nedjma, Femmes de Timimoun, La Cendre des mots, Nouvelles d’Algérie, Couleurs solides, Sortilèges sahariens).

Titre de la communication : Poétiques de la relation amoureuse. Approches comparatives : corpus citadins, ruraux et nomades (arabe / berbère)
Résumé de la communication:   A l’occasion du 3ème Colloque International sur l’imzad et dans le droit fil d’une précédente contribution lors du 2ème colloque (2010), nous souhaiterions approfondir notre réflexion sur l’état et l’évolution des corpus poétiques féminins à l’échelle nationale en focalisant notre attention sur des répertoires dont les caractéristiques formels et thématiques semblent a priori très différentes, voire incompatibles. Pour ce faire, nous nous réfèrerons à un ensemble de textes poétiques traditionnels, généralement transmis par la voie orale, anonymes ou non et produits par des femmes citadines (Tlemcen, Alger), rurales (Kabylie) et nomades (Touaregs).
A partir d’un premier repérage des variants et invariants poétiques tels qu’ils se  font jour dans les textes sélectionnés, notre problématique consistera à tenter de déterminer dans quelle mesure on a affaire à des imaginaires communs ou présentant des homologies importantes (selon qu’on passe d’un milieu à un autre). De façon plus précise, la comparaison des procédés rhétoriques impliquant la métaphorisation devrait nous conduire à dégager une sorte de modélisation des figures de la relation amoureuse sous ses divers aspects. Il sera alors possible d’envisager quelques hypothèses à propos des évolutions (esthétiques, socio-culturelles) en cours.

Dr. Dragani Amalia

Biographie
Amalia Dragani est docteur en Anthropologie Sociale et Ethnologie (EHESS-Université de Turin) et spécialiste des sociétés touarègues. Elle a soutenu en 2009 une thèse intitulée « Intérieur touareg. Ethnographie de la poésie chez les Kel Ayar et les Kel Azawagh ». Après elle a obtenu un post-doctorat (2009-2010) en « Anthropologie de la Personne » à l’Université de Turin. Actuellement(2011) elle est chercheuse associée au projet NESS (Nouveaux enjeux dans l’espace saharo-sahélien) de la Fondation Maison de Sciences de l’Homme à Paris. Elle a effectué deux ans de recherche de terrain au Niger (2005-2007), Nord Mali (2009), Nord Burkina Faso (2004) et Algérie (2010). Elle a publié en 2005 un ouvrage sur la poésie touarègue « Giavellotti tifinagh. Poeti e poesia dei Tuareg del Sahara ».
Titre de la communication : Vies des poètes.  L’Anthropologie de la Personne au service de l’Ethno-Poétique touarègue.   
Résumé de la communication   
 Le but de ma communication est de présenter les matériaux ethnographiques issus des mon terrain au Niger (2005-2007), Mali (2009) et en Algérie (2010), concernant la personne du poète en milieu touareg et les théories locales de l’inspiration poétique. Des nombreuses biographies des poètes et des poétesses ont été recueillies, en utilisant la méthode de l’ethno biographie plurielle, qui consiste à analyser et croiser un large nombre des biographies pour dégager les analogies. Ces biographies présentent un nombre de constantes : presque tous les poètes ont vécu des maladies graves pendant la petite enfance ou autre forme de traumatisme, qui leur a conféré une sensibilité aigue appelée tafrit n iman (la souffrance de l’âme). Une personne très sensible, chez les Kel Tamacheq, présente deux caractéristiques : elle perçoit d’une manière amplifiée tekma n iman (l’insulte de l’âme) et elle ressent la souffrance des autres (des êtres humains aussi bien que des animaux)  plus intensément que la sienne. Dans les deux cas le poète présente un état d’âme « brulant », caractérisé par des émotions « chaudes » (colère, passion, nostalgie) nécessitant d’être rééquilibrés à travers la composition poétique, qui permet au poète de se « refroidir », en récupérant un état d’âme socialement accepté, appelé iduf n iman (le contrôle de l’âme). La plus grand partie des poètes a hérité par ses ancêtres les « nerfs » (izorwan) ou le « sang » (ashni) de poète et il a appris la poésie par un membre de sa famille. Presque tous les poètes, pendant la nuit, rêvent de vers ou de performances poétiques et certains songent aux âmes « lumineuses » et « resplendissantes » de leurs maitres de poésie, décédés.

Dr. GENTHON Anouck
Biographie
Anouck Genthon est musicienne et chercheuse, diplômée d’un master recherche en ethnomusicologie (Université de Montréal) et en anthropologie sociale (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales). Elle est partie au Niger en 2009 à la rencontre des acteurs de la musique touarègue, en portant un regard analytique sur la place que détient cette musique au sein de la scène locale touarègue actuelle. Des discours intentionnels aux procédés musicaux mis en place par les musiciens dans leurs compositions, son travail analyse le processus de singularisation d’une musique contemporaine moderne et les impacts que cette recherche de singularité esthétique produit, tant au niveau poïétique qu’esthésique, sur ses acteurs. Elle a participé en 2010 à la rédaction du livret de l’album « Agamgam 2004 », du guitariste nigérien Bambino, produit par le label Reaktion et elle a pris part à l’émission radiophonique Imidiwan en février 2011 sur la webradio algérienne Radio Dzaïr.
Publication en cours de parution : La musique touarègue : du symbolisme politique à une singularisation esthétique, éditions l’Harmattan, Paris.
Titre de la communication : Des poètes-chanteurs « traditionnels » aux guitaristes actuels, qu’en est-il de l’art poétique et musical touareg au Niger ?
Résumé de la communication :   
Poésie déclamée, poésie récitée, poésie chantée, poésie associée au tendé ou à l’anzad, chants poétiques des ishumar et des guitaristes actuels… Qu’entend-t-on par poésie touarègue aujourd’hui au Niger et de quelles manières est-elle mise en pratique par ses différents producteurs ?  Si les paroles poétiques peuvent être déclamées seules sans aucun autre artifice sonore que celui produit par la voix, elles sont la plupart du temps accompagnées et soutenues par un support musical. La poésie et la musique sont étroitement liées, à tel point que la production instrumentale ne peut se concevoir sans l’apport poétique. Mais si  la poésie est au cœur du processus de création musicale, elle ne représente pas les mêmes enjeux pour les poètes-chanteurs « traditionnels » que pour les guitaristes actuels. Loin d’être un ensemble clos et uniforme, la poésie correspond actuellement à un ensemble hétérogène dont les caractéristiques peuvent, selon les points de vue, fortement dissembler. Cette réflexion porte sur ces différentes conceptions de l’art poétique et musical touareg sur la scène locale nigérienne, notamment sur les relations que ces différents modes de pensée poétique et musicale entretiennent entre eux. Il s’agit de comprendre quels sont les principes et les procédés compositionnels et performanciels qui sous-tendent chacune de ces différentes pratiques poétiques et de les confronter, afin d’analyser ce qui se passe lorsqu’elles se rencontrent. Sont-elles en opposition, ne partageant aucune caractéristique commune et évoluant dans des zones géographiques et des temporalités distinctes, ou s’ancrent-elles dans un rapport bien plus complexe donnant lieu à un jeu ininterrompu d’influences, de rejets, d’interactions et d’interconnexions ?

Saïd méziane 
Biographie
Enarque de formation, M. Saïd Méziane a occupé plusieurs postes de responsabilités à travers le territoire algérien. Actuellement, Wali de Tamanrasset, sa passion a toujours été portée sur la poésie. En 1972 il a publié son premier ouvrage de poésie, « nuits d’espoir » aux éditions SUBERVIE 
Titre de la communication : Illa ila nagh : morceau choisi de la poésie Touarègue 
Résumé de la communication:
Peut-on rester indifférent aux faits de culture d'une population dont on a la charge des affaires générales ?
À prétendre en parler devant un public averti, ne donnerait-on pas à penser que c'est pour le moins singulier de s'y intéresser, à fortiori lorsqu'il s'agit du domaine spécifique de la poésie qui, selon une opinion largement répandue, est déconnecté de la réalité et loin des préoccupations immédiates des gens ?
Mais comme ce poncif semble être démenti par ailleurs si l'on en juge par l'importance de la poésie dans l'expression de la vie quotidienne, dans le cas qui nous concerne chez les touaregs, n'est-il pas légitime de se dire pourquoi ne pas traiter de ce thème, si cela peut permettre d'accéder à une meilleure connaissance et une meilleure compréhension de notre société ?
C'est cette approche heuristique qui est privilégiée tout au long de notre communication, au cours de laquelle nous tenterons de remonter dans un premier temps à l'origine étymologique des termes qui désignent le nom de la poésie dans les différents parlers populaires ; et dans un deuxième temps, faire une brève analyse d'une des versions du célèbre poème « ILLA ILA NAGH ». La conclusion portera sur quelques pistes de réflexion sur la place de la culture en général, et de l'une de ses sources premières, l'art poétique dans la promotion du développement humain dans notre pays.

AGHALI-ZAKARA Mohamed
Biographie
Docteur d’Etat. Enseignant-Chercheur  - INALCO   Paris
- 1977, "Disette et dignité – Un poème nigérien en berbère" (touareg), publié en collaboration avec  P.Galand- Pernet dans Littérature Arabo –Berbère,LOAB 8 : 174-205.
- 1978, "Langage en contact : touareg et haoussa – Poème nigérien en louange à Nasbun", Littérature Arabo –Berbère ,LOAB 9 : 141-146.
- 1979, Traditions touarègues nigériennes,en coll ; J. Drouin, L'Harmattan ; Paris.
- 1981, "La mort de Moïse : poème berbère en touareg", LOAB 12 : 41-57.
- 1992, Psycholinguisque touarègue - Interférencesculturelles, Public.Langues' O, Paris.
- 1996, Eléments de morpho-syntaxe touarègue, Centre de recherche Berbère (CRB)/GETIC, INALCO, Paris,
- 1997, "Louange au Prophète . Baghirun, poème étiologique en berbère (touareg), LOAB 25: 231-263.
- 2006, "Temmal – Poèmes religieux en touareg – Eléments d'inventaires", Studi Maghrebini, Mélanges offerts à   L. Serra, vol. IV, Naples : 3-14.
- 2010, L’identité touarègue – Unité et diversité d'un peuple berbère, thèse d'Etat soutenue le 27 octobre 2010, Université Sorbonne Nouvelle–Paris 3.
Titre de la communication ; Poésie et identité . Les divers genres  poétiques touaregs
Résumé de la communication:
Déclamée ou chantée, la poésie touarègue classique est celle qui est la plus répandue, celle de la vie quotidienne et dont l’abondante  production se retrouve dans de nombreux travaux depuis 1920. Ces poésies, tisiway ou shisiway /cisiway selon les variantes dialectales, comportent plusieurs types ou catégories.
Produites et déclamées dans toute la communauté touarègue au cours de circonstances festives et ludiques, les tisiway évoquent les  multiples thèmes de la vie nomade ou pastorale : les jours heureux (les saisons d'abondance aux pâturages plantureux) ; les calamités naturelles (maladies, disettes, sécheresses implacables...) ; mais aussi des thèmes récurrents comme  l'amour, le combat, la guerre, les grands faits historiques, les multiples mutations de la société et de la vie contemporaine.
Parallèlement à cette première catégorie de poésies touarègues classiques, il existe une deuxième catégorie poétique moins prolixe, celle des temmal, poèmes religieux de louanges concernant la poésie hagiographique des Dits et Faits du Prophète.
On distingue, sans que les catégories soient étanches : la poésie épique et guerrière, la poésie galante souvent  liée à la poésie guerrière, la poésie satirique, tesawit n äbyak, la poésie religieuse: temmal. A signaler aussi des " formes courtes" composées de distiques, de tercets, de quatrains, de sizains ou de dizains, ainsi que des poésies mnémotechniques relevant du ludique qui sont déclamées lors  de séances récréatives.